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Doc. + Int. Us: T.KID

Dernière mise à jour : 15 oct.

The Nasty kid living the Bohemian life

Ça fait un petit moment « maintenant » qu'on tourne autour du pot... Et voilà ... c'est parti pour un retour à la genèse, au feu originel, NEW YORK BRONX REPRESENT ...SPRAYCANART REPRESENT...@Alrh, on vous emmène là où tout à commencé avec le FLOW, pour un ride trippant au cœur des entrailles du Writing et du WILD STYLE (mais pas que) avec l'un des bâtisseurs de ce mouvement, pionnier de la première heure des tracés aériens sur voies ferrées surplombant la grosse pomme ... Lignes 1, 2, 3, 4, 5, 6.. Aka KING 13, The NASTY TERRIBLE T-KID 170, Julius Cavero !

BACK IN THE DAY, BACK IN OUR DAY, car si l'aventure a commencé quelque part, bien au-delà de ça, l'histoire continue d’être écrite !

A découvrir juste ici en exclusivité son interview, intégralement retranscrite en français.

Instagram > NASTY TERRIBLE T-KID 170


The NASTY TERRIBLE T-KID 170


Ça te fait quoi de passer de gros hangars à trains, murs publiques, avec tout le danger et l'adrénaline que ça procure à un support technique comme la toile ? La transition de faire un train et de passer à la toile, tu sais, ça m'a pris beaucoup de temps, vraiment beaucoup de temps pour ajuster, parce que comme tu le dis, l'adrénaline de peindre un train est tellement différente du confort que tu as quand tu peins une toile. Quand tu t'attaques à un train, toutes les parties de ton corps sont en alertes, tous tes sens, ton ouïe, ton odorat, tu sais, ta vision, tu peux tout sentir, tout entendre, tu peux même en sentir la saveur, tu sais, et donc tu prends tout çà et tu le réduit, tu le rend compact pour le transposer sur un format toile. L'adrénaline, c'est de voyager, de rencontrer de nouvelles personnes et de nouvelles cultures, d’échanger des idées qui viennent d'ailleurs, tu sais, en échangeant les idées avec d'autres artistes, de jeunes artistes, des artistes plus mures, cela remplace un peu l'adrénaline, mais ça ne sera jamais la même chose. Donc, ce que je fais, je peins, tu sais, je fais plein de choses, mais de temps à autres, je passe du temps avec les gamins du quartier, soit je fais des ateliers avec eux, soit ils m’emmènent dans des endroits secrets pour y peindre, c'est tout que je peux dire.


Tu allais dans les bloc party dans le Bronx. Ici en France on a tendance à idéaliser beaucoup ces fameuses soirées . Certains disent que c'étaient pas aussi génial que ça ... Peux-tu nous dire comment c’était réellement? Il me semble que tu dansais aussi?

Ouais tu sais, c'est drôle, parce que les BLOC PARTY étaient en train de bourgeonner de partout, il n'y avait pas simplement un seul endroit, KOOL HERC en était, tu sais, c'était cool... il y en avait beaucoup quand on traînait au Saint James Park, tu avais des mecs comme CASANOVA, RED ALERT qui se pointaient avant qu'ils ne soient célèbres, et ils faisaient déjà leur trucs , t'y allais, tu faisais du break dance, tu sais, on était jeune, on avait de l'énergie et des mecs comme moi venaient faire des trains, ils venaient au Saint James Park et il y avait une jam session qui battait son plein, et tout le monde faisaient des OH' OH'.., et la jam commençait, on était là, et on prenait du bon temps, couvert de peinture, on allait aux chiottes pour se laver les mains pour pouvoir parler avec les filles, tu sais, c'était vraiment dingue et c'était vraiment de la VIE , tu sais, tu dois vraiment comprendre que dans ces années là, il n'y avait pas beaucoup d'endroits où des mecs comme nous pouvait aller, tu sais, il fallait toujours se saper, être propre sur toi, genre ongle manucuré et tout, tu devais écouter de la Disco, être un rocker hardcore , c'était l'un ou l'autre, ou écouter du punk rock ! De faire partie de cette culture et aller à des fêtes de rue improvisées c’était mortel, c'était cool, tu sais, où BIZ MARQUIE et TRAN essayaient des choses, venaient tester de nouveaux titres, de nouveaux rythmes , c'est de ça qu'il s'agissait, quelques personnes disaient que c'était naze, peu importe, mais la vérité des faits, c' était que ça faisait parti du voyage, cela faisait parti de l’évolution, tu sais, les gens y allaient et faisaient leurs trucs et apprenaient, exploraient, créaient de nouvelles choses, souviens-toi, il n'y avait rien, ils ont créé tout ça !

C'est amplement mérité, mais qu'est ce que ça te fait aujourd’hui d’être reconnu par les galeristes du monde entier et d’être sollicité par de gros collectionneurs !

Tu sais, c'est drôle parce que c'est comme une épée à double tranchant, tu sais, il y a deux facettes, concernant tout ça. Je veux dire que je suis vraiment exalté, car je continue à mettre de l’authenticité dans mon Art, avant, j'allais faire des trains et inscrire mon nom sur les trains, maintenant, je mets mon nom sur la toile et ça va chez les collectionneurs, dans les maisons des gens, je reste donc opérationnel des deux manières, tu vois !

Je viens juste d'exposer à la Next street gallery, tu sais on dit que le lettrage, ça se vend plus, beaucoup de mes amis avec qui j'ai peint sont allés vers l’abstrait, et je respecte çà, et j'aime ce qu' ils font parque c'est du super boulot, mais tu sais, ils répètent que personne ne veut plus de lettrage, que c'est fini !! CONNERIES !!! Les gens admirent ce travail et il y a un tout nouveau type de collectionneurs qui admirent le vrai old school graffiti, et c'est pourquoi je continue, en restant intègre dans ce que je fais !

Alors, quand je rencontre de nouveaux collectionneurs et des opportunités comme ça, je leur donne ce que je possède. Je ne change pas et je sais que d'ici peu de temps, ce que je fais sera inestimable. Alors, prenez ce que vous pouvez, des artistes comme moi, tous mes potes, y'en a tellement, tant de noms. J'étais juste avec DOC TC5, c'est une autre légende, il fait des putains de trucs, les gamins du Bronx font aussi des trucs, mon pote KEL ! YO ! ON TUE TOUT, et on reste fidèle aux valeurs old school, alors pour les collectionneurs et tout çà : achète pendant que c'est le moment, parque çà va pas changer, et que le niveau va encore monter!


Tu as inspiré toute une génération dans le monde entier, tu as un nom emblématique. Tu es cité dans tout les livres qui parlent de Graffiti, Henri Chalfant est un inconditionnel de ton travail . Quel est l'impact de Tracy sur ton œuvre?

Ok, TRACY c'était mon mentor, TRACY m'a appris, il m'a pas appris le lettrage mais j'ai été émulé par ce qu 'il a fait, parce que c’était un maître, beaucoup de respect pour TRACY 168, mes 2 professeurs étaient PADRE DOS, qui s'est posé et a pris le temps de m’apprendre, tu sais, mais ce que TRACY m'a appris c'était comment faire face à ce monde, car ce monde n'a rien de facile . Il m'a dit, fait attention à ceci et cela, il m'a appris à agir par mes propres moyens, ce que je veux dire par là, c'est que dans le monde du graffiti t’achète pas ta peinture, tu l'as vole, TRACY m'a dit tout ça.

Il m'a appris à m'exprimer, il m'a appris à me battre et savoir comment rebondir . Il m'a appris l'aspect commercial du Graffiti, comment tu peux faire de l’argent avec, c'est ce que TRACY m'a appris, et je l’aime pour ça. Tu sais, un mec comme PADRE DOS, qu'il repose en paix , m'a dit, c'est comme ça que tu fais les lettres, tu sais tu vas de très gros à très petit et de très petit à très gros, tu sais il m'a appris le rythme, et il m'a dit en écoutant de la musique, tu vois , écoute de la musique, tu vois comment le flow circule, c'est comme ça que tu vas faire tes lettres sur des trucs, et c'est ce que je fais ! TRACY m'avait dit : « tu vas être bon, très bon » et voilà où j'en suis aujourd’hui. Beaucoup de respect à mes 4 Mentors, des mecs comme PHASE 2, le véritable père fondateur du Graffiti, PHASE 2, c'est le FONDEMENT, la basilique Saint Pierre de Rome .. c'est comme pour les chrétiens d'avoir fait face aux romains, il est à l'image de Paul l'apôtre qui à battit le premier temple.

Avec PHASE 2 on a construit L'EGLISE du Graffiti, c'est par lui que tout à commencé, avec les bubble letters, le style mécanique et cette tuerie de WILD STYLE, CHAIN 3, tous les 4, ils m'ont tant appris et tu sais, la manière dont je leur montre mon respect, c'est de continuer à faire ce qu’ils ont commencé.

Tu étais un des premier activiste du milieu graffiti, mais aussi du mouvement

hip hop, de Crazy Leg, Froosty Freeze (bref tout le rock steady crew) à Futura, Dondi, Cap, Seen .. tu as connu tout le monde.. Avec qui tu traînais le plus ?


TRACY 168, c'était l'un de ceux avec qui je traînais le plus, c'était comme mon frère, c'est celui avec qui je chillais le plus, mais après d'autres sont venus, et de BIL ROCK, j'ai rencontré ZEPHYR , puis MIN, HAZE, tu vois ces mecs. Je faisais parti du SAM ESSES Studio, avec FUTURA, CASE 2, DONDI, tu sais tous ces mecs, on était tous là en train de peindre, et moi je piquais des markeurs à travers les fenêtres, tu sais, ils ne m’appréciaient pas, car j'étais très différent des autres, j'étais WILD STYLE, tu sais j'avais une bande qui s'appelait les

« VAMP SQUAD », on avait l'habitude de piqués des trucs, pendant que les autres allaient dans les galeries, nous on était toujours underground, et on disait à ces mecs, « Yo les galeries c'est pour les nuls, c'est pour les suceurs, c'est pas la réalité », bla bla bla, mais en fin de compte, ces mecs sont devenus célèbres, tout le monde les connaît et les respecte, et voilà ou j'en suis aujourd'hui essayant de rattraper tout ça, car je n'ai pas exposé dans des galeries, mais j'étais bien présent. Tout ceci mis en place avec l’âme artistique de notre leader qui est mort, repose en paix, j'étais là, dans cette église au 110 Amsterdam , je suis allé dans tous ces endroits ; j'ai volé une photos de FUTURA, de un de mes trains, je l'ai rendu dingue avec ça ! Tu connais, Lenny, c' est un mec cool.............. the fun gallery ou BASQUIAT et KEITH HARING se sont rencontrés,

la FUN GALLERY, tu as encore mieux, jusque dans le Bronx, FASHION MODA, c'était mon spot, FASHION MODA .

Donc j'étais là quand ils ont fait le lazer show , le 1er lazer show, FUTURA mettait les lazer sur son travail artistique, c'était drôle, des mecs comme Keith Haring, L'AERA CLUB et tous ces endroits où on avait l'habitude de chiller. Et le ROXY.. ok on va voir les Rock Steady, tu sais, j'ai eu de la chance d’être avec TAKE ONE, et HENRI à pensé à cette chose à la

WOOSTER GALLERY, appelé Graffiti TV, et j'ai réalisé l’arrière scène, c'est comme ça que ce jour là, j'ai rencontré les rock steady, et MARTHA COOPER à attraper cette image et d'autres choses, mais a ce moment, j'ai été photographié pour mon break dance qui était plus au top, je claudiquais sur mes jambes, et c'est comme ça que j'ai connu CRAZY LEGS, Crasy legs était un mec sympa, FROSTY FREEZE, ce mec savait danser, repose en paix, c'était mon pote, mon frère, il était l'un des plus vrais et des plus gentils mecs de la planète, et putain, ce mec savait vraiment danser !

Et c'était quelque chose ce mouvement, tu sais concernant la culture HIP HOP, c'est à ce moment là qu'ils ont trouvé le nom, le terme HIP HOP, parce que personne ne savait comment l’appeler et je crois que l'un d'entre nous, Martha ou Henri à dit : « Mais comment on peut appeler ça ? » et il y a quelqu'un qui a dit HIP HOP, car on était toujours en train d'écouter les MC'S dire : « I said a hip hop, the hip to a hop... », tu vois ce truc et quelqu'un d'entre nous, peut-être Martha à dit :

« Oui, bonne idée hip hop, appelons le HIP HOP », et c'est comme que le terme est arrivé, je pense que c'était en 1981, 1982, à la WOOSTER GALLERY et puis les..... sont descendus ils avaient des comptes à régler avec moi, nous avons commencé à jouer les innocents et foiré le tout . Tout ceci est une part de cette grande histoire.


Une question très simple, peux tu nous raconte